Nager : un apprentissage indispensable !

Un constat alarmant… Les étendues d’eau sont un réel danger pour les non nageurs. Apprendre à nager à tout âge est possible. Voici la liste complète des clubs de natation en France. A vos maillots !

“Un Français sur sept ne sait pas nager”

Un Français sur sept ne sait pas nager

Chaque année en France, les noyades accidentelles font 500 morts.

1266 noyades accidentelles durant l’été 2015, dont 436 suivies d’un décès. En France métropolitaine, on continue à se noyer au rythme moyen de 3 à 4 morts par jour entre juin et septembre. Et cela pas seulement chez les tout-petits: plus de 60 % des morts en 2015 avaient plus de 45 ans.

Un moyen évident de lutte contre la noyade est… le fait de savoir nager ! Dans sa dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire publié ce mardi, Santé Publique France s’est attardé sur la capacité à nager des 15-75 ans résidant en France métropolitaine. Les auteurs ont utilisé les données des Baromètre Santé 2010 et 2016. À la question «Savez-vous nager ?», respectivement 7042 (en 2010) et 4315 (en 2016) personnes avaient répondu : «non », «oui, environ 10 mètres », «oui, environ 50 mètres ou plus de 2 minutes », ou «je ne sais pas ».

Les jeunes sont meilleurs que leurs aînés  : 94,8 % des 15-24 ans disent savoir nager, contre 64,7 % des plus de 65 ans

Résultat : les chiffres progressent doucement, mais une part encore trop importante de la population ne sait pas, ou pas assez bien, nager. En 2016, 83,7 % des répondants ont répondu oui à la question posée. Mais seuls 68,6 % se considéraient comme de bons nageurs, capables de parcourir 50 mètres ou plus. La question posée ne permettait par ailleurs pas de distinguer la nage en piscine et celle en eau libre (mer, rivière…), laquelle comporte des dangers spécifiques. Ainsi, dans l’enquête Noyades 2015, les courants ou l’épuisement ont été la cause de la noyade chez une part importante des nageurs (un quart des 13-24 ans, et 10 à 15 % des plus de 25 ans). Signe que l’imprudence ou la mauvaise estimation du risque ou de ses propres capacités restent importantes ? De bonnes performances de nage auraient en revanche moins aidé les noyés de plus de 45 ans : pour la moitié d’entre eux, un problème de santé (épilepsie, malaise, malaise cardiaque…) est cité comme circonstance ayant mené à l’accident.

Les meilleurs nageurs vivent dans toute la moitié sud de la France ainsi que dans l’Île-de-France et le Grand Est

Autre enseignement de l’étude publiée ce mardi, les hommes restent globalement de meilleurs nageurs que les femmes : 89,2 % d’entre eux savent nager, et 78,1 % plus de 50 mètres. Les femmes, elles, ne sont que 78,3 % à savoir nager et 59,6 % à se considérer comme bonnes nageuses. Les jeunes sont meilleurs que leurs aînés : 94,8 % des 15-24 ans disent savoir nager, contre 64,7 % des plus de 65 ans. Le fruit sans doute de l’enseignement de la natation à l’école, reposant sur une circulaire de 1965 renforcée notamment par une circulaire de 2010 qui précise qu’«apprendre à nager à tous les élèves est une priorité nationale».

Il faudra, disent les auteurs, explorer la persistance des inégalités entre hommes et femmes en matière de capacité à nager, y compris chez les jeunes générations : les enquêtes menées à l’école montrent qu’en CM2, selon les chercheurs, les garçons sont déjà plus nombreux à dire qu’ils savent nager (89%) que les filles (86 %).

Appartenir à une catégorie socio-économique supérieure, être de corpulence normale et être en bonne santé mentale sont par ailleurs «des facteurs favorisant la capacité à nager». Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne: les meilleurs nageurs vivent dans toute la moitié sud de la France ainsi que dans l’Île-de-France et le Grand Est. Une fois pris en compte tous ces critères, le taux d’équipement en piscines publiques par rapport au nombre d’habitants ne joue pas, mais les auteurs ne disent pas si le fait de posséder une piscine particulière change ou non la donne. Or on peut supposer que le taux d’équipement en bassins privés n’est pas le même dans toutes les régions, et que les ménages équipés savent davantage nager (à tout au moins flotter…) que les autres.

Les auteurs concluent que «comme dans la plupart des domaines de la santé, ce sont les personnes socioéconomiquement défavorisées (…) qui sont donc soumises à des risques plus importants». «L’apprentissage de la nage (…) peut se faire à tout âge», insistent les chercheurs. Et c’est «un axe majeur de prévention des noyades».

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